INSPIRATION – LES 5 NIVEAUX DE LEADERSHIP – JOHN MAXWELL


Inspiration – Les 5 niveaux de leadership – john
Maxwell
COACHEZ-VOUS !
En ma qualité de Coach certifié de John Maxwell Team, c’est toujours un plaisir de retourner aux enseignements du mentor.  Avez-vous vraiment le leader qu’il vous faut ? Réfléchissez un moment sur ce peut être ce grand leader et les étapes qu’il a franchir pour le devenir :
1.       POSITION : il a occupé ou occupe une position. En fait, le leadership n’est pas la position. Probablement beaucoup d’entre vous l’ont acquise à la suite de nominations, de recrutements internes ou externes ou par d’autres procédés. En d’autres termes, ce n’est pas parce que vous détenez une position que vous êtes un grand leader. D’ailleurs, tout est possible à la suite de la détention d’une position: un leadership dictatorial pur et dur, dictatorial mais bienveillant, consultatif, participatif, transactionnel, etc. En outre, souvent, on assimile de façon abusive les statuts d’entrepreneur, de manager, de leader, technicien ou autres. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de personnes qui cumulent ces trois talents. Peut-être. Personnellement, je crois que cela ne court pas les rues, comme on dit.
 
Si vous êtes à ce premier stade, le bon sens vous commande l’humilité de découvrir, d’apprendre et de se dire « Je ne
sais pas ce que je sais ne pas
 », comme dit John. A ce stage, il n’est pas évident que vous soyez capable d’influencer les autres. John nous rappelle LA LOI DE L’INFLUENCE: «Le leadership, c’est de l’influence : rien de plus, rien de moins ». En le paraphrasant, retenons que tout seul au somment, il n’est pas évident que vous y parveniez tout seul. Imaginons un moment quand  votre organisation ou vous-mêmes étaient  dans une phase de naissance, de pionnier !
En se développant pour entrer dans une phase de croissance dynamique avec ses complexités, vous découvrez que vous avez pu être un bon manager, un bon technicien, mais cela ne suffit pas pour vous donner la qualité de leader transformationnel, par exemple, pour réussir le changement, faire le grand saut. Il vous faut franchir d’autres étapes de sorte que Maxwell nous rappelle la
LOI DU PROCESSSUS : le leadership c’est un PROCESSUS.
Franchirez-vous cette réflexion :
         Maintenant je sais ce que je ne sais pas
         Et par la suite : maintenant que je sais, j’agis, je me développe…
 
 2. PERMISSION: C’est vrai que le détenteur de position peut penser que ce statut lui donne la légitimité de
s’imposer, qu’il est le génie qui peut tout faite, tout réussir. Mais le leadership inclut des aspects tenant aux relations humaines, à la capacité à toucher le cœur des gens, à créer de l’énergie chez les gens, à montrer de l’estime à leur égard, etc. Voilà entre autres quelques leviers pour déclencher cette « permission ». Vous avez besoin de toucher les cœurs des gens avant de leur demander un coup de main. Mais vous avez besoin de la permission des gens, qu’ils veulent que vous soyez leur leader, qu’ils en arrivent à vouloir vous suivre. Ce n’est pas spontané. Comment ? Quand ? Il y a d’autres preuves à apporter. L’autre étape vous aiderait grandement.
 
3. PRODUCTEUR – Votre credo : AJOUTER. Vous devez alors être un producteur de résultats, car le leadership est hautement visuel. Il y a beaucoup de gens qui ne croient qu’à ce qu’ils voient. Alors être ce grand leader, c’est donner l’exemple, c’est manager par l’exemple, apporter la preuve de ses résultats. Les gens voient que vous êtes en train de réussir et de créer une nouvelle dynamique. Ils se reproduisent en vous ! Ils vous suivent parce que vous donnez l’exemple. Cette phase est complexe : voir que les choses se réalisent, c’est aussi donner aux gens quelque chose qui impacte leurs vie, leurs intérêts, les « SHORT WINS ». C’est donc bien doser les extrants de la planification dans le temps. Pour progresser vers cet état de producteur, vous devez être un leader qui créé d’autres leaders capables de vous remplacer. Etes-vous modestes à ce point ? D’autres diront idéalistes ! Ce n’est pas facile. On tient souvent à garder entre
ses bras le bébé qu’on a créé. Vous devez donc vous entourer des meilleures personnes et talents possibles.
4.        DEVELOPPEMENT : il vous faut  réussir le pari de développer les personnes, de  MULTIPLIER / DEMULTIPLIER. Vous devez alors accorder une importance accrue aux recrutements et à la sélection des hommes et des talents. Vous avez compris que les gens qui vous entourent déterminent votre potentiel, votre compétence et vos résultats. Tout seul vous n’y arriverez pas ou en tout cas pas pleinement. Votre compétence est égale à la moyenne des compétences qui vous entourent. Vous voulez savoir si c’est un grand leader : regardez son entourage ! Un grand problème à ce niveau, c’est la délégation, la LOI DE LA DELEGATION, comme dit John. Vous découvrirez qu’il vous faut à
l’évidence vous entourer de gens de haut niveau. Evidemment, un défi, c’est d’avoir la capacité de les payer et les conserver. C’est d’en avoir la volonté aussi, car on peut avoir d’autres objectifs qui n’ont rien à voir avec le talent. Vous
disposez alors des bonnes personnes qu’il faut à la place qu’il faut, dans le bus comme dit Jim Collins.
5. PINACLE – Vous gagnez en RESPECTRECONNAISSANCE. Vous êtes au sommet. Vous avez gagné le respect car le respect ça se gagne. C’est comme la crédibilité. On vous fait confiance. On sait que vous êtes capable. LA LOI DU TERRAIN FERME ! Vous êtes le genre de leader qui reste dans la tête et dans les souvenirs des gens longtemps après votre départ. Vous avez accompli de grandes choses dans la vie professionnelle, pas pour vous seulement, pour les autres aussi. Vous avez prouvé que vous laissez un héritage durable. Peut-être que vous êtes encore là parce que vous tenez à aider, à contribuer. Vous êtes partisan de la LOI  DE L’HERITAGE. Les preuves sont là depuis : c’est incontestable. Il y a toute une histoire et des faits qui le prouvent.

Vous êtes au pinacle.

 Groupe Monitoring Africa et MGRH. Par Abdou Karim GUEYE

Vos accomplissements dépendent beaucoup de l’investissement que vous faites dans développement personnel. Au niveau des organisations et de notre vie professionnelle
et familiale,  de nombreuses études démontrent que les
grands changements s’accompagnent de formations, de mentoring
et de coachings, etc. A John Maxwell Team, nous coachons les gens en ce sens. Nous sommes des professionnels certifiés au niveau international avec les meilleurs de ce monde… Nous vous aidons à clarifier les choses, à voir clair en nous-mêmes, à découvrir et à assumer votre potentiel, à surmonter vos blocages pour être ce que profondément vous voulez et vous pouvez être,  pas forcément à être ce que les gens veulent que vous soyez.

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Davantage qu’un programme, Abdoul Mbaye a présenté un projet de société pour le Sénégal à reconstruire


Quand émerge un nouveau programme, le risque est grand qu’on fasse dire à quelqu’un ce qu’il n’a pas dit, qu’on omette ce qu’il a déjà dit comme ce fameux paradigme « des gens aptes à réaliser leurs rêves. » Pour certains, c’est aussi le temps d’enrichir leurs slogans ou de s’en approprier. Comment peut-on méconnaitre que la vision décrite par le président Abdoul Mbaye consacre une nouvelle action économique et un pari sur l’accroissement des capacités des sénégalais que les politiques publiques antérieures ont marginalisées et transformées en « petites gens » condamnées à subir, à approuver, à applaudir, à transhumer ? Du Top down, tous azimuts ! Pour l’ACT et son président, il s’agit de concrétiser des stratégies destinées à mobiliser les citoyens et à tirer profit de leurs talents : les groupements féminins, les entrepreneurs, les créateurs de richesses et de pensées, les artisans, les mécaniciens, les ferrailleurs, transporteurs, les tailleurs et spécialistes de la confection, les cordonniers et la maroquinerie, les artistes, les bijoutiers et orfèvres et les agriculteurs, les médiats, etc. L’impératif majeur n’est-il pas alors de leur permettre de réaliser leurs rêves, « leurs propres plans » ? Indubitablement, c’est le sens de ces credo de l’ACT et des options clairement exprimées lors du discours-programme:

  •  « L’argent du Sénégal dans les collectivités locales, les terroirs et les banlieues, au profit des populations à la base », de Dakar vers l’intérieur.
  • Une nouvelle vision de la décentralisation à la fois de nature institutionnelle et économique avec les pôles-régions, une Casamance réincarnation l’idéal d’une vraie décentralisation, la connexion du sénégal par le rail, etc.
  • La primauté de la stratégie de substitution aux importations comme réponse à donner à notre première priorité que représente l’éradication de la faim et le recul rapide de l’extrême pauvreté, et comme levier de développement de la semi-manufacture et des manufactures.
  • Le patriotisme économique avec les crédos « Le Sénégalais d’abord », « la défense du sénégal basée sur le respect des intérêts réciproques en matière d’accord de pêche, de ressources naturelles, le rôle incontournable du secteur privé sénégalais, etc….
  • C’est donc un peu trop simpliste de qualifier le programme de l’ACT de relent du Capitalisme ou du Socialisme d’Etat selon que c’est le pilotage par l’Etat ou par les forces du marché qui prévaut. Souhaitons que plusieurs sénégalais « décomplexés » aient dépassé ces idéologies pour ne point s’y enliser. Existe-t-il vraiment un modèle universel ? Adapter, non adopter est le meilleur credo.

De par son histoire, l’Amérique a choisi d’honorer les forces du marché et de l’innovation, les penseurs et les créateurs de ruptures entrepreneuriales, technologiques ou autres. Elle est née libérale avec des pères fondateurs patriotiques, intensément visionnaires qui se sont méfié d’un exécutif trop fort, capable d’imposer unilatéralement sa volonté aux citoyens, au parlement et aux juges, jaloux de leur liberté, de la démocratie, de l’indépendance du peuple souverain, conscients qu’il leur faut laisser un héritage. Elle est entrepreneuriale, a produit la Silicon Valley, le capital-risque, les centres d’incubation, des universités qui pensent, recherchent et trouvent et qui contribuent à la création de la richesse et du futur, toutes choses que plusieurs entrepreneurs et pays du monde s’efforcent de copier. On pourrait peut-être reprocher à ce pays tant de choses : reconnaissons qu’elle est encore une très grande puissance et un grand leader économique et technologique. Dr. Sarr qui, semble-t-il, est un adepte d’une sorte de nouvelle crypto-monnaie pourrait difficilement jeter aux oubliettes ces acquis et leur processus de réinvention continue.

Dr. Sarr semble aussi se méfier d’un pilotage décisif par l’Etat, ce qui serait du socialisme. Si certains doctrinaires et « politiques » étiquetés comme des « conservateurs » aux états unis peuvent se permettre une telle qualification, d’autres l’appelleront sans doute capitalisme d’état. Quoi qu’on puisse dire, la Corée du Sud a réussi à se développer et à s’affirmer avec ce système. Des pays comme Dubaï ont développé un modèle où le leadership transformationnel de dirigeants au sommet a complètement changé ce pays. Ce fut le cas à Singapour ou en Malaisie où un processus impulsé par l’Etat et le gouvernement, avec un large portefeuille de travaux destinés à améliorer la vie des citoyens.

Quel que soit le modèle, on constate que la stratégie de portefeuille des investissements retenue est importante. A Dubaï, par exemple, elle a été formalisée pour mettre en place le tremplin qui permettra l’accélération continue de la croissance. Par exemple, le portefeuille originel a été défini autour du Vortex « port, aéroport, hôtels, tourisme, malles, free-zones, les entrepôts, la position géographique du pays », naturellement avec des choix de fiscalité… Il a été défini aussi autour de crédos : « Ce qui est bon pour les affaires est bon pour Dubaï », ou « Créer et ils viendront » « l’ouverture au monde et sur le futur ». Un tel portefeuille combiné à un leadership transformationnel au sommet de l’état a permis le changement par un « Strategic Vortex », une sorte de tourbillon qui déclenche le cercle vertueux fondé sur le credo : « Créer, Accélérer, Optimaliser par des effets de levier . » Ce n‘est pas notre propos de détailler ici ce modèle de pensée et de management stratégique. Mais c’est là une option de l’ACT : ce n’est pas la multiplicité des projets et programmes lourds et couteux qui compte, comme on l’a vu ailleurs, avec peut-être plus tard des grues à l’arrêt, un endettement difficilement compressible obligeant à une stratégique de retournement drastique, à la réduction des dépenses publiques et à la restructuration de l’économie, des entreprises privées menacées par la faillite du fait d’arriérés non-recouvrées et dont la logique de fonctionnement dépend largement de la disponibilité de fonds de roulement et de trésorerie, etc.

En outre, Dr. Sarr convoque la deuxième idée fondamentale au cœur de sa doctrine économique : la monnaie, la liberté monétaire. En fait, il semble nous dire : « faites ce que vous voulez, si vous ne maitrisez pas cet outil, vous ne réussirez pas. » Là pourtant, le discours-programme admet que sous la gouvernance de l’ACT, bien des évolutions sont possibles: la dénomination « franc » chargée d’histoire et d’insinuations possibles, le lien unique avec le franc CFA ouvrant de nouvelles perspectives de convertibilité, la gestion de l’institut d’émission, etc.

Les modèles que nous venons de présenter brièvement ne sont pas forcément corrélés au fait d’être capitaliste, libéral, socialiste ou autres. Ils ont tout de même quelque chose de commun :

  • Ils ont misé sur un vortex stratégique, en somme un portefeuille stratégique capable de se diversifier, de créer de la richesse, impulsé par l’état ou/et les entrepreneurs, selon les pays.
  • Ils ont fortifié la recherche-développement, les universités, les technologies, la flexibilité en affaires, la culture entrepreneuriale, des travailleurs hautement qualifiés, le capital-risque.
  • Ils ont privilégié la méritocratie, le management de qualité, le leadership transformationnel, la mobilisation et des incitations ou récompenses aux acteurs et leviers du changement.
  • Ils honorent des penseurs, des entrepreneurs, les experts, tous ces artistes et artisans pas simplement les militants sortis du néant qui dépouillent les autres sénégalais.
  • Ils ont su réinventer les modalités de gestion de la méritocratie et des performances esquissées dans le discours-programme et plus largement dans le document de programme.
  • Ils ont parié sur de sérieuse réformes de l’Etat et la débureaucratisation, la gestion et l’audit des performances, la zéro-tolérance pour la corruption, la méritocratie par des pratiques saines de recrutements, de nouveaux pouvoirs de contrôle, la publicité des rapports de contrôle dans certaines conditions, une gouvernance préventive et de gestion des priorités, etc.
  •  Ils ont ce talent des leaders entrepreneuriaux, de grands managers capables de macro-vision, de positionnement sur des niches qui présentent des fortes capacités de création de richesses, comme ces nouvelles filières proposées par notre programme .
  • Ils ont été capables de concrétiser une gouvernance de proximité: c’est tout le sens de cette chaine d’acteurs et de professions que notre programme entend honorer et mobiliser et ce credo de recul de la pauvreté développé à plusieurs endroits du discours-programme.
  • Ils sont courageux et capables d’arbitrer des choix difficiles comme le redéploiement des ressources de la capitale vers les autres pôles territoriaux, les collectivités locales et les banlieues, de dire NON aux groupes de pressions, rentiers, prédateurs des richesses naturelles .
  • Ils peuvent vaincre ces vieilles résistances vers une authentique et équitable fiscalité locale, etc.
  • Parallèlement, on aura mis de l’ordre dans les finances publiques, restructuré l’administration, institué les 25 ministères, éliminé les duplications, fusionné ce qui doit l’être, réalloué les ressources publiques, éliminé les fraudes, la corruption et les gaspillages, etc.
  • Voilà une liste de critères qui auraient dû nourrir les choix des électeurs et votants. Si l’on veut de vraies transformations, allons au fond des choses. Formalisez votre faisceau de critères et d’indices avant de choisir!

En fait, il faut du leadership et un passé prouvés : M. Mbaye a suffisamment démontré qu’il en a. Le talentueux Koutia qui a égayé les participants à un moment donné l’a si brillamment résumé et illustré ses contributions passées: western union puis MoneyGram au sénégal qui permet aujourd’hui à des millions de sénégalais de faire des transferts à travers le monde, l’accès au crédit des commerçants, redressement de banques, la politique des logements dont des centaines de milliers de sénégalais bénéficient aujourd’hui par le redressement de la BHS qui aurait pu disparaître, sa promotion obstinée d’hommes d’affaires sénégalais parmi lesquels on peut citer Yerim Sow ou Ameth Amar, modèles parmi d’autres capitaines. En cherchant un peu, on pourrait aussi citer le développement de la notoriété de l’athlétisme sénégalais, son combat pour le développement des moyens de paiement alternatifs, de la monnaie plastique, etc. Evidemment, il est de ces gens qui admirent encore les styles des révolutionnaires d’autrefois. Cela ne tient pas lieu de politique, ni d’expertises avérées. Regardez autour de vous ! Ce ne sont pas ces gens qui ont changé le monde jusqu’ici.
Au total, ce discours refuse l’enfermement du programme ACT dans une idéologie ou un tiroir de pensée économique. Il est le programme le plus cohérent jamais présenté par un parti au Sénégal car éloigné d’une litanie de mesures et promesses, et proposant par contre une cohérence construite à partir de solutions à apporter aux problèmes majeurs vécus par les Sénégalais dans un contexte mondial, régional et monétaire dont il est tenu compte avec réalisme. Il a été élaboré autour d’une vaste enquête citoyenne et des échanges citoyens avec la force laborieuse du Sénégal et non par des experts dans des bureaux. Au fond, par ce discours-programme, ce sont plus que des réformes… « Des révolutions », criait quelqu’un dans la foule ce jour-là du 30 septembre. En tout cas, au moins, une vraie rupture ! En fait, les compagnons de l’ACT croient que les sénégalais peuvent transformer le sable en or et en silicone, qu’il y a des gisements de potentiel qui dorment et qu’un nouveau leadership doit les réveiller.
Si Dr. SARR croit vraiment en ce qu’il dit, des politiques qui permettent aux gens de réaliser leurs rêves et leurs plans, la redéfinition du rôle de la monnaie, la signification et la portée de la décentralisation, le développement des exportations, etc., son camp est plutôt du côté des gens qui pensent comme Abdoul Mbaye. En réalité, un des grands défis de la politique au Sénégal est que les gens qui se ressemblent s’assemblent… Mails la grande difficulté, c’est aussi de s’oublier !

[1] Nous encourageons les sénégalais à lire le livre de Abdoul Mbaye  « SERVIR » paru aux Editions DIDACTIKA qui donne la preuve de telles capacités par de nombreux exemple d’arbitrage dans plusieurs secteurs (énergie, prix, inondations, électricité, etc.) lorsqu’il était premier ministre.

Abdou Karim GUEYE, écrivain et Inspecteur général d’Etat à la retraite. Ancien directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature du Sénégal (ENAM). Membre du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail, il est le Conseiller du Président Abdoul Mbaye en gouvernance publique et membre du conseil national de ce parti.

L’ACT, un socle de valeurs pour le vrai changement


Lors du congrès du 30 octobre 2018, le discours-programme prononcé par le Président Abdoul MBAYE prouve que le parti de l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT) et son président accordent une importance capitale aux valeurs : valeurs de solidarité, d’intégrité, d’éthique, de discipline et de considération aux Sénégalais. Ce n’est pas pour rien que le parti et son président les considèrent comme étant d’une importance stratégique car aujourd’hui les organisations publiques ou privées, dans le sillage du nouveau management public, mettent en place des chartes de valeurs, des chartes d’éthiques, d’intégrité et de transparence affichées dans les locaux de travail, largement diffusées pour permettre leur appropriation, ces documents étant parfois contresignés par les employés, les nouvelles recrues, etc. On le sait maintenant : c’est au sommet de donner de la voix, « Tone at The Top », comme on dit. En revisitant ce discours-programme, on est frappé par la foi qui se dégage de son contenu: foi en l’amour comme socle de solidarité, foi aux Sénégalais et à une action politique et publique vertueuse et éthique.

  1. Des valeurs de solidarité, d’amour de soi et des autres

Un des grands problèmes du leadership, transformationnel en tout cas, c’est l’existence de leaders sincères, éthiques et justes, capables de coacher par compassion, de faire la différence entre s’aimer soi-même et aimer les autres : le peuple, le Sénégalais moyen, voire le Sénégalais tout court. Et l’on continue de rêver encore de ce leader-coach qui nous dira « allons-y », ensemble, vous les artisans, les travailleurs, les gens du cuir, de la confection, des groupements, les élites talentueuses, les artistes, etc., de ce leader qui préfère NOUS à MOI, à JE, à la famille et clans de transhumants, courtisans, de lobbies, etc. C’est parce que l’ACT y croit que son président incontestablement remettra en cause ces vieux paradigmes pour opérer les ruptures nécessaires avec une logique du développement encore ancrée fortement dans certaines mentalités : un développement par le haut, Top Down, comme on dit aujourd’hui, avec des institutions centralisées, lourdes, redondantes, des duplications, coûteuses, etc. En fait, les valeurs sont le socle de toute nouvelle gouvernance, de toute réforme, de toute transformation durable contre les résistances des lobbies et de ceux qui n’ont pas intérêt au changement pour des réformes promises et jamais concrétisées. Aussi, le Président Abdoul Mbaye  inscrit-il dans la trajectoire du parti et dans le programme de l’ACT le modèle des 4A, 4 amours à cultiver et à entretenir pour aimer le sénégal et les sénégalais :

  • « L’amour de la patrie, qui nous fait placer nos intérêts au-dessus de tout autre intérêt.
  • L’amour des lois, qui nous les fait respecter, qu’elles nous soient favorables ou pas, pourvu qu’elles soient justes et égales pour tous.
  • L’amour du travail, qui nous mène tous à l’excellence et à la prospérité.
  • L’amour de ses semblables, qui nous fait détester ce qui les avilit et aimer tout ce qui les grandit. Les antivaleurs avilissent, les valeurs grandissent ».

Dès lors le programme de l’ACT invite à la citoyenneté, au travail, au patriotisme civique et économique, à oser le Sénégal d’abord, à réinventer une pensée endogène mais ouverte qui remet en cause la démarche traditionnelle de management des affaires publiques et de gestion économique. Il invite à des valeurs d’adhésion  pour reconstruire un cycle endogène de transformation structurelle de l’économie fondée sur une mobilisation d’innovateurs et de créateurs de richesse  au niveau des secteurs « artisanat-semi-manufacture, manufacture et industrie ». Ce sont là aussi des valeurs de courage, car pour y arriver il faut oser arbitrer des intérêts variés en osant oser parier sur la primauté et la capacité des Sénégalais à réaliser leurs rêves et leurs potentialités.

  1. Des valeurs de confiance en soi et aux sénégalais

Les difficiles chantiers qui sont ainsi promus ne seront pas possibles que s’il existe d’abord une confiance aux sénégalais, aux travailleurs, créateurs et inventifs. En l’occurrence, l’ACT croit aux valeurs de créativité, de la pensée et de l’action économique fondée sur des alliances objectives pour l’excellence et l’intérêt du sénégal. Mais il faut alors de la consistance, car derrière de telles options, prévaut aussi la nécessité pour les sénégalais d’assumer les valeurs de résistance, du refus de l’arbitraire, de la corruption, des avantages et privilèges indus, de l’enrichissement rapide indu. A cet égard, le programme de l’ACT consacre une large réforme institutionnelle, mais aussi sur la nécessité d’un management par l’exemple, d’une gouvernance de proximité par des élites triées au terme de recrutements concurrentiels, toute une série de mesures, de principes et techniques de réformes et de transformations. En fait, le discours programme, voire le programme détaillé de l’ACT propose aux sénégalais une série de des ruptures,  de révolutions cumulatives, de nouvelles institutions et de nouveaux contrôles étatiques ou citoyens, selon les cas.

  1. Un pari sur des valeurs d’éthique, de discipline, d’intégrité et de sincérité

Reconnaissons-le. Pour de tels paris, il faut de l’éthique, une nouvelle culture qui incite les sénégalais et la société à s’interroger sur leurs propres valeurs, à s’autoévaluer, guidés par l’exemple de leurs  dirigeants et leaders ! Les sénégalais habitués à une longue trajectoire de l’ancienne politique politicienne pourraient ne pas y croire, tant a manqué les valeurs de sincérité, de respect de la parole donnée que le président Mbaye met en évidence dans son discours programme. « Arrêter de promettre ce que l’on ne peut pas respecter », nous rappelle-t-il. Derrière l’éthique, se déploient la vérité,  ce qu’il est normal ou anormal de faire, les comportements individuels actuels ou souhaitables, l’intégrité personnelle ou collective, etc. C’est un travail dur, d’un leader courage, c’est une dimension de nos plans stratégiques qui en occultent l’intérêt. Le Président et le programme du parti assument les défis y afférents et consacrent de nombreuses mesures institutionnelles de réforme de la gestion publique, la généralisation d’outils et technologies de contrôles, parfois inconnus jusqu’ici, le renforcement des corps et organes de contrôle et du contrôle citoyen, la refonte profonde de la législation sur les pouvoirs des contrôleurs et sur la surveillance de la disciple individuelle et collective en matière d’hygiène, de propreté et d’occupation anarchies des rues et autres espaces, renforcer la culture d’éthique de conformité. Et bien d’autres mesures encore…

  1. Des valeurs de simplicité, de discipline  et d’une nouvelle démocratie citoyenne

Il faut aussi des valeurs de simplicité et de transparence, la remise en cause fondamentale des modes de fonctionnement d’un état lourd, coûteux, par l’alignement au même pied d’égalité aussi bien la petite corruption que la grande corruption. Par le discours-programme le Président explicite les mesures qui seront prises pour « réparer une démocratie malmenée et abimée » par une série de réformes à plusieurs niveaux : gouvernemental, législatif, judiciaire, en matière de contrôle, au niveau des médias, du financement des partis politiques et de leur financement, de l’annulation de la loi sur le parrainage, etc. En outre, c’est connu : très souvent les grands projets, en l’absence d’un système contrôle fort et indépendant, sont le lit de la corruption, des dessous de table, des contrats gré à gré, le prétexte de la bamboula des dirigeants et élites corrompus. Le président et son parti sont ainsi convaincus qu’il faut une forte adhésion de leaders, d’acteurs et d’alliances aux valeurs d’une démocratie authentique, juste et équitable, de discipline, d’ordre, de responsabilité et d’auto-responsabilité. Ils savent aussi, qu’à certains égards, la démocratie suppose aussi la neutralité, ce que des adeptes de la politique politicienne de la première générale sont incapables de faire et d’ailleurs n’y croient pas.

Au total, l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail parie sur de telles valeurs, sur des sénégalais portés par cet idéal, par une vision partagée et convaincus que la trajectoire actuelle obère leur foi en leurs valeurs d’honnêteté, d’éthique, de Justice et de Vérité.

Les sénégalais sont invités ! Ensemble, avec l’ACT, ces paris seront gagnés.

Abdou Karim GUEYE. Ecrivain, Inspecteur général d’Etat à la retraite, ancien directeur de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature. Conseiller en gouvernance publique du Président Abdoul Mbaye

Changer le contrôle d’Etat, exiger la transparence, l’intégrité et l’éthique. Choisir et gérer les compétences


Que les rapports des corps et organes de contrôle soient secrets ou confidentiels, cela est l’exception dans les pays à démocratie avancée. Ces rapports sont très souvent en ligne et des chercheurs avisés dans ce domaine ont stocké énormément de documents de ce genre dans leur ordinateurs, pour documenter leurs articles, cours, conférences, séminaires, etc.

En Afrique francophone confinée dans une stratégie de « suiviste » comme si le droit latin était universel, on a pensé autrement avec une logique inversée : des rapports secrets et confidentiels comme principe, l’exception étant la publication par le biais de divers procédés comme la déclassification, par exemple. Divers experts argumentent aussi en pariant sur la différence entre les audits internes et externes : ce n’est pas là pour autant un argument de taille, cela a souvent permis à des consultants ou experts étrangers de s’engouffrer dans la brèche, de diviser pour régner et capter la manne financière. C’est une autre histoire à raconter.

D’ailleurs on peut se demander pourquoi un président de la république se créerait-il des problèmes en s’abritant derrière des choix de ce genre en défendant le bilan de gens incompétents, peu éthiques ou malhonnêtes avec le risque de se décrédibiliser en termes de gouvernance, de transparence, d’éthique et d’intégrité. Bien compris, ce n’est pas son intérêt, à moins de penser à très court terme. On voit mal aussi pourquoi il ne profiterait pas de rapports publics d’audit de performance pour récompenser publiquement le mérite : les gains politiques seraient alors et probablement à son actif. Mais la peur du changement et de la perte du pouvoir conduit souvent à une logique inversée.

La publicité voire la publication des rapports doit être le principe, le secret et la confidentialité l’exception dûment justifiée : défense nationale, sécurité intérieur, etc., en somme un ensemble de critères à formaliser. Un ouvrage comme celui intitulé « Inspections générales d’Etat. Réalités, perspectives et enjeux », détaille en profondeur ces évolutions incontournables de la nouvelle gouvernance, à construire ici, chez nous. Les bonnes pratiques ne manquent pas. Le benchmarking établit de nombreuses avenues possibles. En effet, il y a de nombreuses réformes possibles à l’examen des pratiques et du droit anglo-saxons, par exemple, en termes de mandat d’amener, de perquisition, de saisie, de whistleblowing, de hotline, de Qui Tam, de filature, d’utilisation des logiciels d’enquête comme IDEA, de reconstitution des disques durs lorsque le délinquant a pensé pouvoir effacer les données, des relations avec les procureurs, de diversification, d’équilibre des métiers de contrôle et même aujourd’hui d’utilisation des drones chez d’audacieux réformateurs aux usa, etc. Ce n’est pas pour rien que des pays comme Taïwan de tout temps ont eu presque Zéro Corruption sur l’échiquier des classifications mondiales.

Zéro Tolérance, un credo pour un leader courageux !

La nouvelle vision a tiré toutes les leçons de ces leaders en la matière. Un vrai changement en perspective.

Abstract
Extraits du livre Inspections générales d’Etat. Réalités, enjeux et perspectives.
« Le manuel du G.AO précité, en son chapitre 5, consacré aux rapports d’audit financier, sous la rubrique « Rapport de l’information confidentielle ou sensible » traite de la question en ces termes : « … si une information pertinente est interdite à la diffusion publique ou est exclue du rapport, du fait de sa nature confidentielle ou sensible, les auditeurs devraient préciser dans le rapport que celle-ci l’a été en raison de circonstances qui rendent nécessaire cette omission ».

En outre, la norme GAO reconnaît que certaines informations peuvent être classifiées et être ainsi interdites à la diffusion générale par les lois et les règlements fédéraux, d’Etat, ou locales. Dans de telles circonstances, les auditeurs peuvent publier un rapport particulier, voire spécifique et classifié ou à usage restreint et ne transmettre le rapport particulier qu’aux personnes autorisées par les lois et les règlements. Au niveau du paragraphe qui traite de la question « reporting confidential or sensitive information », il est précisé, et c’est logique, que des circonstances additionnelles telles que la sécurité peuvent également justifier la non-diffusion ; la norme donne à cet égard quelques exemples, par exemple la sécurité informatique de certains programmes, du fait de dommages possibles… L’attitude recommandée est la même que celle précédemment citée, des rapports accessibles à des personnes autorisées. Certaines dispositions du manuel recommandent vivement à l’auditeur de s’entourer au besoin des conseils d’un juriste qualifié en la matière.

Si l’on se réfère à la norme IIA, dont les dispositions paraissent moins détaillées à cet égard, l’on constate tout de même qu’elle précise (point 2440.01) que « Sauf indication contraire de la loi, de la réglementation ou des statuts, le responsable de l’audit, avant de diffuser les résultats à des destinataires ne figurant pas dans l’organisation, doit accomplir les tâches suivantes : i) évaluer les risques potentiels pour l’organisation ; ii) maîtriser la diffusion en imposant des restrictions quant à l’utilisation des résultats. »
Au total, s’agissant du caractère public des rapports, les normes internationales reconnaissent la possibilité de limiter la publicité et la diffusion, sous certaines conditions : si la loi, les règlements, le statut de l’organisme d’audit prévoient des dispositions particulières, lorsque l’information sensible induit des dommages ou des risques pour l’entité d’audit et/ou nuit à la sécurité et aux sûretés. La technique préconisée est alors en cas de besoin l’élaboration de rapports particuliers en dehors du rapport de base ou du rapport général public et dans ce cadre, la diffusion des informations sensibles ou secrètes à des personnes autorisées par le biais de ce rapport particulier. Néanmoins, pour certaines normes, l’auditeur doit mentionner l’omission dans son rapport général. C’est sans doute là une solution future…

Un deuxième défi : la méritocratie

Dans son livre SERVIR, aux Editions DIDACTIKA, le Président Abdoul Mbaye cite Michel Rocard: « La politique est condamnée à échouer s’il tourne le dos à la technicité et à la morale ». S’agissant des nominations, le programme de l’ACT prévoit la mise en concurrence de candidats comme principe et un mode institutionnel de management d’un tel processus au plus haut sommet de l’Etat… Faudrait-il encore un leadership éthique et civique, des pratiques de gouvernance et de management capables d’opérationnaliser la vision et le projet. Faudrait-il encore les hommes qu’il faut à la place qu’il faut. Le recrutement et la sélection des élites ne se font plus comme auparavant à l’heure des méthodes avancées de management des talents comme le « Top Grading », les centres d’évaluation, etc. ACT a compris : le principe d’un package intégré et exhaustif basé sur les bonnes et meilleures pratiques internationales a été retenu. Il sera concrétisé. C’est cette vraie transformation qui est en vue avec l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT)

Dans cette perspective, il existe bien d’autres innovations en termes de gouvernance et de contrôles citoyens, de management des exigences de la performance, etc. Gérer autrement, pour des résultats aux citoyens : c’est aussi une dimension de ce programme de l’ACT : un slogan opérationnalisé !

Ce sont là autant de perspectives consacrées dans son programme politique qui sera rendu public, en temps opportun : de véritables innovations, des réformes uniques en leur genre pour les managers des secteurs public et privés, les citoyen, les usagers, les penseurs et créateurs d’initiatives et de richesses, les entrepreneurs et hommes d’action, le contribuable sénégalais, etc. En fait, le changement ne se parachute pas au sommet, mais c’est une œuvre collective. Mais pour cela, il faut un autre leadership transformationnel.

La nouvelle gouvernance, en somme faire la politique et gouverner autrement, ne sera pas un vain mot. C’est un modèle savamment élaboré par des professionnels en la matière autour du président Abdoul Mbaye.

En réalité, rien ne changera si nous ne changeons pas nous-mêmes, si vous ne changez pas ceux qui ont toujours fait les choses et la politique de la même manière, qui ont exercé la gouvernance comme hier et aujourd’hui. Demain, ils feront la même chose. Pourtant, le vrai changement tant attendu depuis longtemps est à portée de main. Il faut en profiter! SVP Twitter cette citation avec le lien https://ctt.ac/X0Ay8

Abdou Karim GUEYE

Abdou Karim GUEYE est un spécialiste des questions de gouvernance, du nouveau management public, de la modernisation et- des réformes de l’Etat et des administrations publiques. Il est aussi le le conseiller en gouvernance publique du Président Abdou MBAYE et membre du Conseil National du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail. Inspecteur général d’Etat pendant près de trente ans, il fut un ancien Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature du Sénégal, Assistant technique international auprès du Premier Ministre de la République de Djibouti et Secrétaire exécutif du Forum des Inspections générales d’Etat d’Afrique et institutions assimilées pendant sept ans.

 

L’Administration Publique, le Multipartisme et la démocratie en Afrique face aux enjeux du 21eme siècle (Troisième partie)


Communication du Directeur général de l’ENAM, Abdou Karim GUEYE, à la réunion des Directeurs d’ENA tenue à TANGER (Royaume Chérifien)

« Les princes, dans leur félicité, me paraissent fort à plaindre
d’être privés d’entendre la vérité et forcés d’écouter
les flatteurs, non des amis » Erasme.

Conclusions sur l’administration publique, le multipartisme et la démocratie

A/ Les principes de la mutation

Les contours du 21eme siècle sont connus. L’Administration publique africaine dans les pays où la prospective est encore d’actualité, doit accroître la participation, la concertation et l’entrepreneuriat dans les secteurs public et privé. Elle doit se préparer à promouvoir de nouvelles techniques et à générer une nouvelle réglementation.

1°/ Participation et concertationUne authentique démocratie doit aider à construire une Afrique, un des cœurs du monde, car il est évident, comme le souligne Octavio Paz, que le recul du tiers monde n’a qu’une cause : « les initiatives individuelles ne sont pas suffisamment valorisée par l’Etat » La finalité de l’Etat, c’est de mettre en œuvre des politiques publiques qui ont comme finalités la société. En effet, le système politique est composé de sous-systèmes ci-après :

– L’appareil d’Etat, ensemble d’institutions au niveau gouvernemental, législatif, administratif et judiciaire ;
– Des forces politiques composées d’acteurs sociaux non étatiques tels que les individus, les partis, etc. qui sont le reflet des opinions et des intérêts ;
– Des institutions de management au sommet desquels se trouvent un président, un système juridique, etc.

Une synergie entre ces sous-systèmes doit exister pour promouvoir l’Efficacité, l’Efficience et l’Economie. Dans cette perspective, l’Etat a forcément, un rôle d’arbitre et de régulation à jouer, par la participation et la consultation, face aux valeurs et aux intérêts antagonistes.

a) La participation : La crise de l’Etat moderne est connue. Producteur de biens et services, la rareté des ressources et la crise des finances publiques l’obligent à innover, à expérimenter et être orientée vers les nouvelles formes de gouvernance, la technologie et le management public, sous peine de disparaître… « Manager des cohérences et des synergies », il doit consulter, s’appuyer sur les groupes sociaux. La participation devient ainsi une technique de management et un outil de la démocratie.

b) La concertation : La participation a besoin d’être opératoire pour permettre à l’Etat de tisser des liens de partenariat avec les usagers, les organisations publiques, gouvernementales ou non gouvernementales. Acteur des convergences, vers un projet social mobilisateur, l’Etat doit assurer la concertation. Ceci n’est pas possible sans une société civile structurée et organisée. L’Etat doit en créer les conditions et modalités.

2°/ Neutralité, motivation et esprit d’entreprise : Une administration publique entrepreneuriale, neutre, motivée et indépendante du pouvoir politique est la seule voie d’efficacité. Mais son développement dépendra, en grande partie, du système de valeurs des dirigeants. En privilégiant l’Efficacité, l’Economie et l’Efficience, ils contribueront à accroître la neutralité de l’administration. Mais pour cela, ils doivent se muer en véritables managers, régis par un statut général de la fonction publique qui permet la mesure des performances et l’obligation de rendre compte…

B/ Des spécialiste de la gestion stratégique et opérationnelle

La stratégie n’est pas possible sans management. Or, au sein des administrations publiques africaines, se pose le problème de la globalité : un jeu, au niveau planétaire dont ils n’ont pas encore la possibilité d’infléchir le cours. Elles doivent donc commencer à réfléchir en termes d’enjeux planétaires. Par exemple, la redistribution des cartes géostratégiques avec l’émergence de l’Asie, une Afrique du Sud bientôt démocratique, le rapprochement imminent entre Israël et l’O.L.P, le développement des technologies, etc. imposent une autre lecture de la gestion économique. Les administrations publiques africaines doivent s’y préparer.

1°/ La réglementation d’un projet social mobilisateur : L’essoufflement de l’Etat providence devrait s’approfondir, imposant certaines réformes, grâce à une nouvelle réglementation, notamment le développement d’instances d’innovation telles les fondations privées, sous réserve d’un régime de déductions fiscales approprié, apte à encourager la participation de telles structures au financement des besoins collectifs, par exemple, en matière de santé, d’éducation, de recherche, etc. En somme, pour parler comme Alain Minc, il ne s’agit plus, à l’orée du 21eme siècle, de créer une réglementation qui met la société civile et un Etat régalien, face à face, mais plutôt d’instaurer des modèles qui encouragent le développement des initiatives, au niveau de la société civile.
2°/ Vers une nouvelle gestion publique : Le contexte de rareté des ressources et la crise économique mettent fin à l’illusion que la bureaucratie est encore possible, car l’évidence est apparue que, dans les conditions actuelles de l’économie mondiale, le coût de la gestion publique est prohibitif et contraire aux impératifs de compétitivité internationale. Par ailleurs, une démocratie d’opinion émerge, face à des citoyens, à une presse et à des partis politiques, de plus en plus organisés. L’Administration publique doit alors se moderniser, accroître sa flexibilité et l’esprit entrepreneurial. Elle en sera la gagnante, car progressivement, la fierté du service public sera retrouvée. De nouvelles prospectives seraient ainsi ouvertes, au niveau des disciplines telles la science administrative et les sciences juridiques…

Conclusions

LA DEMOCRATISATION, PROJET SYSTEMIQUE, tout en intégrant le phénomène du multipartisme, va au-delà d’elle, pour s’étendre au champ économique, social et culturel. Condition de survie pour l’Afrique, c’est une option, pour parler comme Attali, qui permet de privilégier la durée sur l’éphémère. Et, sans doute, faudrait-il, pour cerner la totalité des enjeux se remémorer Condorcet qui écrivait : « Nos espérances sur les destinées futures de l’espace humaine peuvent se réduire à trois questions : la destruction de l’inégalité entre les nations, le progrès de l’égalité entre les peuples ; enfin, le perfectionnement réel de l’homme » L’Etat Africain et son administration publique n’ont que ces trois objectifs stratégiques à réaliser, face à l’évolution de la société internationale et au multipartisme.

Abdou Karim GUEYE, Inspecteur général d’Etat à la retraite. Ex-Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature

L’auteur :

Abdou Karim GUEYE est le conseiller en Gouvernance publique du Président Abdou MBAYE et membre du Conseil National du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail, a été Inspecteur général d’Etat pendant près de trente ans et ancien Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature du Sénégal.

Article déjà paru sur ce blog : Résister, changer et transformer la politique : pourquoi ?

Prochains articles :

 Choisir le bon leadership politique et bien d’autres encore.
 L’éthique dans tous ces états.
 D’autres encore.

De nouveaux Masters à DAKAR.


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A compter de novembre 2018, le Groupe Cabinet Monitoring Africa, le Cabinet MGRH et de l’EIA mettent sur le marché cinq (5) nouveaux masters (MPAG, METIS, MGRH-CHT et MDE- MM) au niveau d’un INSTITUT SUPERIEUR DE MANAGEMENT PUBLIC, GOUVERNANCE ET NOUVELLES TECHNOLOGIES institué au sein de l’EIA. Ce projet de partenariat est coordonné pendant la phase de consolidation par Monitoring Africa dont les fondateurs sont de très hauts cadres du secteur public : anciens inspecteurs généraux d’Etat, Président honoraire de Cour des Comptes, Administrateurs civils, cadres du secteur privé, etc.

Ces programmes sont le fruit d’une longue expérience dans le domaine de renforcement des capacités des cadres du secteur public dans un grand nombre de pays, des visites et  découvertes de nombreuses grandes écoles et universités notamment aux USA et de nombreuses recommandations formulées au profit de décideurs, de bailleurs, de gouvernants et autres organismes de bonne gouvernance, de lutte contre la fraude, le blanchiment et la corruption. Ces Masters présentent les avantages ci-après :
– Ils mènent à une reconnaissance universitaire, contribuant à l’avancement de la carrière du cadre ;
– Ils présentent à la fois un cadre structuré d’analyse, des outils opérationnels de pointe  afin de mieux répondre aux besoins des Etats africains qui aspirent à la modernisation de leurs administrations.
– Ils sont offerts de manière intensive et modulable en respectant les contraintes de la disponibilité de temps des participants.
– Ils combinent des sessions en salle, en ligne, par emails, de week-end pour faciliter l’apprentissage en fonction des contraintes des participants.

Soulignons enfin que ces différents Masters s’inscrivent dans une démarche qui combine la rigueur universitaire à l’expérience concrète des professionnels ayant travaillé à un très haut niveau au sein des organisations publiques et internationales. Espérant vous compter parmi nos futurs auditeurs… Ces cinq (5) nouveaux Masters spont es suivants:

  • Master in Public Administration Governance and Leadership (MPAG) ;
  • Master en Ethique, Transparence, Intégrité et Sécurité (METIS) ;
  • Master en Gouvernance Locale et Développement territorial;
  •  Master du capital Humain (MGR-CHT);
  •  Master in Digital Entrepreneurship, Marketing and Management.

 L’enseignement pour certains modules peut s’effectuer selon des formules bilingues anglais et français. L’Institut Supérieur de Management Public et de Gouvernance compte de nombreux formateurs et praticiens qui œuvrent dans le domaine des stratégies des politiques publiques, de la gestion des programmes et des projets des pays en développement, de la transparence, de l’intégrité. En outre, ces Masters sont en adéquation avec les objectifs de modernisation des Administrations des Etats africains qui souhaitent disposer des cadres de très haut niveau adapté à cet impératif.

Nous sommes confiants que ces différents programmes que propose l’Ecole Internationale des Affaires combleront les attentes des participants.

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Une nouvelle gouvernance au service des gens qui travaille mieux et qui coûte moins chère !


Tant de réformes ont eu lieu depuis l’indépendance, tant de plans, projets et programmes brandis. Ils n’ont pas toujours tenus leurs promesses que très faiblement. En voyageant dans les arcanes de services publics et des projets, et en effectuant des recherches et un benchmarking sur les bonnes pratiques, j’ai appris quelques leçons résumées ci-dessous.

Il vous faut un bon gouvernement qui coûte moins cher, capable d’impulser, de catalyser et de mobiliser les gens!

Une telle gouvernance privilégiera l’obtention d’impacts, une moindre bureaucratie, le courage d’éliminer ce qui est obsolète et démodé ainsi que la notion de client de sorte à octroyer de meilleures prestations de services aux citoyens, aux usagers et aux contribuables. Son credo, c’est de construire une gouvernance au service des gens, de récompenser les résultats ainsi que la réussite et la performance, de partager et d’amener les gens à se focaliser sur la vision, d’écouter, de donner du sens et de la signification, etc. Mais il faut un leadership et le leader qui conviennent pour un tel paradigme libéré de la tutelle des idées et des pratiques politiciennes du passé. Pour aller au-delà du mimétisme et des slogans, il faut aussi toute série de savoir-être et de savoir-faire que les experts attitrés peuvent traduire en visions, plans stratégiques, outils et processus de management, etc.

Un gouvernement à votre service et sensible à vos urgences

En effet, c’est vous qui êtes les plus affectés par les promesses électorales, les politiques, les programmes, les plans et les projets publics. C’est vous qui avez le plus intérêt aux transformations durables. Si le gouvernement se contemple, s’intéresse peu aux idées des autres, s’auto-glorifie au lieu de renforcer vos capacités et vos pouvoirs d’intervention, si des courtisans passent leur temps à le déifier, n’attendez pas de lui le grand changement. On est au cœur des attributs de grands leaders comme l’humilité, savoir s’entourer, écouter, pardonner, etc. Lorsque les décisions sont impulsées au sommet pour être parachutées à la base par un homme qui se croit providentiel ou décrit comme tel, lorsque le choix est aux démesures d’une administration inflexible, bureaucratique et lourde de duplications et d’enchevêtrements par rapport aux faibles moyens d’un pays pauvre, vous attendrez encore longtemps.

A lire dans ce sens:

Abdoul Mbaye lève un coin de voile sur le projet de société de l’ACT du prochain quinquennat – L’autre voie vers l’émergence

Ceci n’est pas l’œuvre d’un homme providentiel ou d’un leader solitaire mal entouré

Ce sont ces choix qui ont prévalu avec des dirigeants qui se focalisent que peu ou mal sur les impacts malgré leurs slogans, qui ne travaillent pas avec les gens pour identifier leurs besoins, peu orientés vers les créateurs d’idées, de pensées, de richesses. Lorsque les décisions sont prises au sommet et parachutées, le changement ne peut qu’être lent. Une gouvernance au service des gens, non pas contre eux, passe par une stratégie qui privilégie le fait que les citoyens sont en droit d’attendre des services de qualité, par exemple, un homme d’affaires, une législation adaptée et un environnement qui facilitent les performances et la croissance, le contribuable, un gouvernement qui opère comme un membre d’un conseil d’administration au service d’actionnaires d’une entreprise privée et qui gère « le dollar » de la meilleure façon, avec sagesse.

Lorsque « Le Président propose, l’Assemblée dispose, l’Exécutif impose», que rien n’est fait pour instituer des règles faciles à comprendre pour permettre aux citoyens de connaître leurs droits et obligations, le changement attendu n’est pas encore au rendez-vous. Il faut aussi du courage et du leadership transformationnel. Pour que les choses changent, il faut une gouvernance et le gouvernement au service des « gens ». C’est vrai aussi, pour que les choses changent, il faut que nous changions nous aussi !

L’auteur :

Conseiller en Gouvernance publique du Président Abdou MBAYE et membre du Conseil National du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail, Abdou Karim GUEYE a été Inspecteur général d’Etat pendant près de trente ans et ancien Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature du Sénégal. Assistant technique international auprès du gouvernement de la République de Djibouti, de 2003 à 2008, il a appuyé ce pays à mettre en place une Inspection générale d’Etat et a également exercé les fonctions de Secrétaire exécutif du Forum des Inspections générales d’Etat d’Afrique et institutions assimilées.
: https://www.youtube.com/watch?v=xQ7J43ebMck

Lire aussi nos articles sur le même thème sur notre blog politique PEGASE : Le leadership qu’il vous faut. Ecouter, s’écouter, savoir partir à temps !
Politique. Changement Transformation Leadership Politique Leadership Civique

 

Le bon gouvernement et la vertu publique et politique


Les paradigmes de la science politique anglo-saxonne, notamment américaine, insistent fréquemment sur la vertu politique et publique, celle-ci étant, aux yeux de certains doctrinaires et des pères fondateurs, les caractéristiques du bon gouvernement. Cette réflexion n’est pas nouvelle. Elle est même ancienne si l’on se réfère aux travaux de Socrate, Platon, Cicéron, etc. On retrouve aussi ces principes dans les conclusions des assises nationales et au niveau de la Charte de gouvernance démocratique, dans la Charte de Mandé , la révolution torodo de Thierno Sileymane Baal , etc.

Qu’est-ce qu’est le bon gouvernement ? Surprise : « c’est celui qui nous enseigne à gouverner nous-mêmes », nous donne le sens des responsabilités, de l’auto-responsabilité, respecte notre droit de le contrôler… Hérésie, diront-ils, ceux-là formés autrement et qui n’y ont pas intérêt. Car, figurez-vous, chez nous, on voit souvent ces gouvernements négliger la maturité citoyenne et la discipline comme enjeux fondamentaux de gouvernance. . Jugez-en vous-mêmes : le désordre dans nos rues, les occupations irrégulières de la voie publique, des débats politiques peu porteurs et créateurs de valeur ajoutée, la surveillance par les audits, les investigations, les évaluations de politiques, projets et programmes affaiblie, les promotions rapides à l’emporte-pièce qui naquirent au cours de ces années 2000 perturbant tout un système de gestion des hommes et des talents, etc. A cet égard, la constitution, les lois et les règlements, bien qu’utiles, ne suffisent pas pour combler les défaillances d’un système déjà corrompu. En effet, il faut des leaders engagés à mériter les responsabilités confiées, à honorer la nation et leurs mandants, prêts à assumer un leadership qui pousse le peuple à la maturité, à la discipline et à se prendre en charge. Au 19ème siècle, Henry Ward Becker rappelle un tel impératif en soutenant « qu’il n’y a pas de liberté pour des hommes qui ne savent pas se gouverner eux-mêmes. » Lisez les programmes politiques proposés ; à quelques rares exceptions, vous n’y trouverez rien de tout cela. Se gouverner, en toute responsabilité, et vivre dans un pays doté d’un gouvernement responsable et courageux supposent que la vertu publique et l’éthique soient largement disséminées.

La vertu publique ne peut exister sans la vertu privée, comme le rappelle John Adams, la nôtre, celle des citoyens, des entrepreneurs, des policiers, contrôleurs, juges, etc. Les deux constituent ainsi les leviers d’impulsion des changements éthiques et moraux et de la liberté créatrice de valeurs et de richesses. Mais faut-il encore avoir des dirigeants qui acceptent que le pouvoir leur est délégué et qu’ils ont cet impératif d’en rendre compte. Un peu comme écrivait Thomas Jefferson, « aucun gouvernement ne peut être vertueux et bon qu’à condition d’être soumis au contrôle des gens, d’un peuple libre dont l’esprit a été nourri par la vertu, qui a été éduqué et formé à ce qui est normal ou anormal, à ce qui est juste et équitable et qui a été dissuadé des vices. »
Faut-il encore que le gouvernement et ses ministres aient ces qualités et cette volonté ! Faut-il aussi que le peuple souverain exige ces vertus comme critères, notamment à l’occasion du vote et en cours d’exercice des mandats. Ce n’est donc que lorsque cette vertu atteint un stade avancé que la liberté des autres devient un levier de contrôle des citoyens sur les gouvernants, que l’on respecte la méritocratie et la créativité des gens.

Sans doute, connaissez-vous Goethe, cet écrivain allemand qui se posa la question suivante : « Quel est le bon gouvernement ? Le meilleur? C’est celui qui enseigne au peuple à se gouverner … Mais, pour cela, il faut un gouvernement et un peuple guidés par la vertu publique et la vertu morale, des élites qui comprennent que ni la plus sage des constitutions ou la plus sage des lois ne peut garantir la liberté et le bonheur des gens corrompus.

C’est tout un programme…

[1] Did This Medieval African Empire Invent Human Rights? Over a year ago  by PHILIP PERRY

[1] Détrônez tout imam dont vous voyez la fortune s’accroître et confisquez l’ensemble de ses biens ;

– Combattez-le et expulsez-le s’il s’entête ;

– Veillez bien à ce que l’imamat ne soit pas transformé en une royauté héréditaire où seuls les fils succèdent à leurs pères ;

– L’imam peut être choisi dans n’importe quelle tribu ;

– Choisissez toujours un homme savant et travailleur ;

– Il ne faudra jamais limiter le choix à une seule et même tribu ;

– Fondez-vous toujours sur le critère de l’aptitude.

[1] CF Goethe. Maximes et réflexions, traduits par Bailey Saunder, Macmillan and Co, New York, 1906, Maxim n° 225.

L’auteur :

Conseiller en Gouvernance publique du Président Abdou MBAYE et membre du Conseil National du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail, Abdou Karim GUEYE a été Inspecteur général d’Etat pendant près de trente ans et ancien Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature du Sénégal. Assistant technique international auprès du gouvernement de la République de Djibouti, de 2003 à 2008, il a appuyé ce pays à mettre en place une Inspection générale d’Etat et a également exercé les fonctions de Secrétaire exécutif du Forum des Inspections générales d’Etat d’Afrique et institutions assimilées.

Article déjà paru sur ce blog : Résister, changer et transformer la politique : pourquoi ?

Prochains articles :

 Choisir le bon leadership politique et bien d’autres encore.
 L’éthique dans tous ces états.
 D’autres encore.

 

Série – Le leadership qu’il vous faut Première partie – Ecouter, s’écouter, savoir partir à temps !


Il n’est pas facile de proposer un modèle de leadership politique efficace en étudiant l’histoire des nations. Ces leaders qui ont marqué l’histoire sont si différents : Hitler, Mussolini, Mahathir, Mandela, Lee Ku YEW, etc. Le terme lui-même peut revêtir des sens contradictoires. La doctrine oppose ou confronte différents styles de leadership dictatorial, dictatorial bienveillant, participatif, consultatif, transactionnel, transformationnel, mixtes, etc. En outre, ces styles peuvent refléter les préférences individuelles ou la culture dominante d’une société. Néanmoins, quelques caractéristiques retiennent notre attention: la capacité de proximité et d’écoute, cesser de se parler à soi-même et de se contempler, bien s’entourer, savoir quitter et partir à temps, le courage à payer le prix qu’il faut par des sacrifices et la volonté de laisser un grand héritage.

Le dilemme de la gouvernance de proximité : s’écouter et se parler à soi-même

Une caractéristique commune aux grands leaders transformationnels est la forte envie de vouloir conduire les gens vers une destination, d’un point A à un autre point B. Ceci comporte aussi bien des avantages que des contraintes. Le leader dont nous parlons doit être capable d’assumer la solitude du pouvoir, de s’imposer des sacrifices au plan personnel, de sa fortune, de ses amitiés, de sa vie familiale, etc. En outre, il devrait être capable de promouvoir des valeurs d’exemplarité, oser persuader les gens à intérioriser des sacrifices, les convaincre qu’à terme maintenir le statu quo actuel ne leur est pas profitable et est même dangereux. Il a cet impérieux devoir de déclencher une nouvelle connaissance et prise de conscience. Le courage devient alors une qualité essentielle. Reste à savoir si les gens qui se lancent en politique le font pour les raisons que nous venons d’évoquer.

Il y a aussi cette erreur d’assimilation entre leadership, le titre et le poste : le leader n’est pas le titre, ni le poste. Il y a aussi ceux qui disent aux autres ALLEZ-Y alors que le véritable message du leader transformationnel : ALLONS-Y, Oui, nous pouvons, etc. C’est qu’en fait, être détenteur d’un poste ou d’un titre de président de la république, de ministre, PDG ou autres, fussent-ils « prestigieux », ne suffit pas à qualifier quelqu’un de leader transformationnel. C’est vrai : il y a le mythe du leader qui aurait réussi seul par son propre talent ; mais on ne réussit pas seul les très grandes œuvres de transformation. On y arrive avec une équipe et des talents triés, des visions partagées, l’adhésion à un projet, des institutions fortes, le courage de se séparer des saboteurs et de faire face aux détenteurs de rentes, d’optimiser les ressources, etc. La hantise de la réélection et l’incapacité à construire un cercle rapproché facilitant des alliances stratégiques pour le vrai changement, non pour les sinécures, les transhumants et les débauchages, constituent une dimension du leadership politique transformationnel. Dès lors, le leader transformationnel est confronté aux dilemmes suivants : Qui écouter ? A qui parler ? A soi-même ? A son entourage ? Au peuple et aux électeurs ?

Regardez ces gens qui demandent vos voix! Réfléchissez-y deux fois avant de voter : lorsque le dilemme entre MOI, JE, VOUS, LES AUTRES est un sérieux problème pour le candidat, pourquoi prendriez-vous le risque de faire confiance à un tel leadership ?

Des messages ciblés qui mobilisent, apportent de la valeur et de la différence, ainsi que la volonté de s’entourer de collaborateurs loyaux, compétents et indépendants qui conseillent sincèrement et sans craintes, sont tout aussi importants. Si vous avez été un grand responsable dans la vie, vous avez surement appris une leçon : une erreur de recrutement se paie cher, peut paralyser tout un changement de sorte que le Professeur Edward HESS de Darden University en arrive à conseiller : « recrutez lentement, licenciez rapidement ». Par de tels choix, le leader développe ses propres capacités d’écoute et d’attention soutenue et peut ainsi éviter des erreurs et des conflits inutiles et coûteux. Pourtant, dans notre contexte, trop d’hommes « politiques » font le contraire. On constate des articles ou des débats politiques télévisés qui sont des bavardages violents et désordonnés et qui finissent par lasser tant il s’agit de « politiciens » qui se parlent à eux-mêmes et entre eux, au lieu de regarder l’écran et de parler à l’audience en face : les citoyens, les contribuables, les créateurs de richesses, les électeurs, etc. Peut-être s’agit-il aussi là de ruses de gens qui n’ont rien de consistant à proposer, d’un gaspillage de ressources et d’énergie, d’un moment où les gens préfèrent surfer sur autre chose, car il n’y a aucune incitation à regarder ou écouter de tels soliloques. En arriver, à force de s’écouter ou d’écouter un entourage courtisan, à croire à ses propres « propagandes » et à les intérioriser comme des réalités tangibles que l’on est le seul à sentir ou à voir, est une forme de folie qui un jour peut mener à un surprenant désastre. Le mot est lâché : derrière ; il y a cette option de propagande comme levier de conservation du pouvoir. Mais pourquoi l’opposition passerait-elle l’essentiel de son temps à disserter sur le programme de l’autre pour tomber dans ce piège des querelles manquant à un devoir et une stratégie essentielle qui est de suffisamment expliquer aux électeurs leur propre programme alternatif ? La stratégie de propagande utilisée ne vise ni plus ni moins à isoler et détourner l’attention. Pour parler comme Chomsky, elle vise à distraire des vrais enjeux pour empêcher qu’on en discute et à brouiller les pistes .
En arriver aussi à exclure toute perspective de contrepouvoirs ou de points de vue différents conduit au même résultat, à l’inverse de ce qui se passait dans la Rome antique avec ces esclaves qui avaient le privilège de glisser aux oreilles de l’empereur ce rappel « Souviens-toi, tu n’es qu’un homme » . Cela rappelle aussi cet adage de notre belle culture parfois négligée : « SA GUEMIGN XASAW NA SA DOMOU NDEYE MO LO KO WAX ». Allez-le leur dire à certains qui oublient que la démocratie, c’est aussi le débat sain, la différence et vous aurez peut-être bien des ennuis, étrangement des insultes.

Deuxième partie – Savoir quitter et se préparer à partir à temps.

C’est difficile de partir, pour nous tous, de se séparer des bébés auxquels on a donné naissance, de renoncer aux rêves inachevés de notre propre vie que seuls d’autres héritiers parachèveront, que la fatigue les obstacles et les contraintes vécues, les saboteurs du changement auront empêché de concrétiser, etc. Les causes ne manquent pas…

On a déjà vu des leaders ne partir que le jour même de la grande défaire, sous la pression de leur inévitable fuite, de la rue surexcitée, d’une foule vociférant, de manifestants décidés et de corps ayant jonchant les rues quelques jours avant. Ce n’est pas l’idéal, ni pour ce leader qui fuit ainsi, ni pour les héritiers d’une démocratie brusquement tronquée. Les printemps de révolte n’ont pas toujours tenu les promesses du bien-être, ni d’une nouvelle et meilleure démocratie confinée aux questions électorales et politiques, excluant l’économique, le social, une gouvernance qualitative digne de ce nom. On serait tenté de penser que Socrate a raison : les grands leaders auraient dû être les plus sages d’entre nous. Cependant, quand on regarde l’histoire humaine et singulièrement celle du continent, cela s’avère comme un rêve impossible. Etre un leader transformationnel qui crée d’autres leaders capables de les remplacer, combien en avez-vous connu ? Un enjeu, c’est alors de disposer de leaders capables d’échapper aux lambris dorés du pouvoir, aux pièges des routines, d’anticiper le sens de l’histoire. Ceux-là sont fiers de se faire eux-mêmes, par leur propre effort et génie, et non d’être faits par la politique politicienne. Ces grands leaders transformationnels sont capables de baliser de nouveaux chemins, de se pénétrer des contours du futur, loin du brouhaha de la grande foule, de s’ajuster à temps par une sorte d’intuition « quasi-divine » à l’instar de cette fameuse formule « La prière, c’est quand l’homme parle à Dieu, mais l’intuition, c’est quand Dieu parle aux hommes ». Il est ainsi difficile à ces gens, prisonniers des arcanes du pouvoir, d’échapper aux pièges qui déforment le dirigeant et son entourage face à leurs courtisans et transhumants qui réussissent à les persuader d’une sorte d’invincibilité et d’immortalité. Cet entourage si peu talentueux pour de telles grandes œuvres réussit alors à vous faire oublier que l’histoire regorge de dirigeants chassés du pouvoir par les votes, par les révoltes populaires, les coups d’état, la guerre tribale parfois longue et fratricide, etc. Ne soyez pas étonnés qu’avec de telles mentalités de futurs « WAX WAHET » perdurent à l’horizon. Et là, la sagesse devient un impératif rare parmi ces modèles de politiciens que vous avez toujours connus et élus.

Au fond, derrière ces questions, il y a l’enjeu de l’humilité et de la claire compréhension de ses avantages, et plus fondamentalement de la sagesse qui semble n’être pas la chose la mieux partagée du monde. Il y a aussi ces deux fameuses lois de l’héritage et du sacrifice que John Maxwell considèrent comme des traits distinctifs des grands leaders transformationnels. Nous y reviendrons.

L’auteur :

Conseiller en Gouvernance publique du Président Abdou MBAYE et membre du Conseil National du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail, Abdou Karim GUEYE a été Inspecteur général d’Etat pendant près de trente ans et ancien Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature du Sénégal. Assistant technique international auprès du gouvernement de la République de Djibouti, de 2003 à 2008, il a appuyé ce pays à mettre en place une Inspection générale d’Etat et a également exercé les fonctions de Secrétaire exécutif du Forum des Inspections générales d’Etat d’Afrique et institutions assimilées.

Article déjà paru sur ce blog : Résister, changer et transformer la politique : pourquoi ?

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