Discours Président comitédirecteur Forum des Inspections générales d’Etat


Discours de l’inspecteur général d’Etat, Président du comité directeur provisoire du forum des inspections générales d’Etat

Monsieur le Directeur de cabinet du Premier Ministre ;

Messieurs, Mesdames les Représentants Résident et Chefs de mission des organisations internationales ;

Monsieur le Président de la Chambre des Comptes et de Discipline Budgétaire ;

Messieurs, Mesdames les Secrétaires généraux de Ministère, directeurs et chefs de service ;

Messieurs les Inspecteurs généraux d’Etat du Congo, de la Mauritanie, du Sénégal, de Djibouti, de la Mauritanie, du Burkina Faso, du Gabon ;

Mesdames, Messieurs ;

Honorables invités ;

Je voudrais d’abord souhaiter la bienvenue à nos hôtes qui encore une fois sont présents, décidés à accorder leur précieux temps à une cause noble, celle du partenariat, de l’échange, de la réflexion évaluative et prospective pour une Afrique de classe internationale. Ils donnent la preuve que l’intégration technique n’est pas un vain mot et qu’elle demeure possible autour du projet d’Excellence entamé par notre Forum.

Il y a longtemps, bien avant l’internet, que des chercheurs et des doctrinaires attiraient l’attention sur l’ère d’un monde en réseau, pour parler comme Léopold Sédar Senghor, « du rendez-vous du donner, du recevoir et de la civilisation de l’universel. » Nous ne pouvions méconnaitre ces exigences. Aussi, le Forum se veut-il un réseau d’échanges, d’amitié, de rapprochement entre experts unis par un même destin continental et professionnel, mais aussi par un creuset, levier d’une synergie entre Institutions Administratives Supérieures de Contrôle qui exercent un certain nombre de métiers d’audits, d’études, d’enquêtes et de conseils.

Un constat, c’est que pour prospérer et se professionnaliser, les experts de notre secteur ont depuis bien des années construit des réseaux internationaux et régionaux de réflexion, de normalisation, de formation action et de recherche, par exemple :

  • l’organisation africaine des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (AFROSAI), fondé en 1976 ;
  • l’Organisation Internationale des Institutions Supérieures de Contrôle – INTOSAI ;
  • la Fondation Canadienne de Vérification intégrée ;
  • l’Association des Inspecteurs généraux des Etats-Unis ;
  • le Conseil régional Africain de formation des Institutions Supérieures de Contrôle des Finances Publiques Africaines Francophones ;
  • l’Association des Institutions supérieures de contrôle ayant en commun l’usage de la langue française, etc.

Il était donc opportun et normal que des institutions administratives supérieures de contrôle s’organisent pour participer à ce mouvement de recherche et de renforcement des capacités.

Un autre constat, c’est l’évolution irréversible des métiers que nous exerçons et nous l’avions déjà souligné dans la déclaration de Djibouti, sous l’effet d’un certain nombre de facteurs :

· le caractère intégré et élargi de l’audit dont les frontières intègrent désormais plusieurs aspects financiers et comptables, de performance, de la qualité dans le secteur public, d’optimisation des ressources, sans compter bien d’autres audits particuliers d’attestation des résultats, informatiques ou autres. La liste est bien longue ;

· le poids de la recherche-action, dans certains pays, par exemple aux Etats-Unis, au Canada, en Nouvelle Zélande, pour ne citer que ces pays, avec des stratégies d’alliances entre les grands bureaux d’audit et les agences chargées de moderniser l’Etat et de généraliser une gestion publique axée sur les résultats et la qualité.

C’est dans ce contexte que se muent l’audit contemporain du secteur public et ses activités connexes, d’études, de recherche et d’enquête que nous effectuons habituellement dans les structures d’Inspection ou de contrôle général. Progressivement, avec le Forum, nous entamons cet ajustement conforme à de grandes tendances qui affectent le devenir des organisations, adeptes de l’Excellence.

Si nous sommes là aujourd’hui, c’est parce qu’aussi, en février 2006, vous nous aviez donné mandat, en faisant confiance à Djibouti, pour qu’elle assure la Présidence du Comité directeur provisoire et le Secrétariat permanent provisoire, pendant la phase de consolidation du Réseau. Conformément à ce mandat, des initiatives ont été prises et des actions menées, notamment :

  • de nombreux contacts pris et des partenariats noués, notamment avec l’OLAF de la Communauté européenne qui déjà a apporté sa contribution technique par des propositions statutaires susceptibles de faciliter les partenariats internationaux et dont les experts devraient en principe nous rejoindre avant la fin de nos travaux ;
  • la finalisation d’une Newsletter, base fédératrice pour l’échange des informations sur les activités et les projets des membres, dont le premier numéro vous est remis dans le kit de la présente assemblée ;
  • la Revue « Gouvernance, Audits et Management Public », au départ trimestrielle, levier de publication des résultats de nos recherches, le premier numéro de la Revue étant saisi, à partir des articles et communications du colloque de février 2006 sur l’évolution de l’audit dans le secteur public, les corrections définitives étant en cours ;
  • la mise en place, encore en cours, du site web du Forum, dont les premiers contours de la maquette seront présentés au cours de la présente assemblée ;
  • naturellement, le Plan stratégique 2007-2009 qui sera examiné au cours de la présente assemblée et constituera l’extrant majeur de nos assises.

Si ces résultats ont été atteints, nous les devons aussi à l’hospitalité et à l’appui par les autorités de Djibouti, au leadership visionnaire de son Excellence le Président de la République, M. Omar Ismail Guelleh, à la générosité et à l’attention de Monsieur le Premier Ministre, Dileita Mohamed Dileita et à la diligence et à l’efficacité de son Excellence, le Ministre des Affaires Etrangères qui par lettre en date du 23 avril 2006 à « autorisé le FIGE à exercer ses activités en République de Djibouti. » Je ne saurai oublier, Monsieur Awaleh, Directeur de cabinet du Premier Ministre, homme de réflexion et de prospective, dont la complicité intellectuelle, nous vaut bien souvent d’explorer de nouvelles idées. Ils ont ainsi été au même titre que les membres fondateurs, les précurseurs d’une idée prometteuse. Il y a lieu, au nom des délégations présentes et de nos partenaires, de les remercier tous et de leur exprimer notre profonde gratitude.

Ce que nous entamons signifie aussi qu’il est vital pour l’Afrique de développer une réflexion endogène et ouverte, pour s’assumer et assumer les défis que nous nous sommes engagés à lever :

  • la consolidation d’un Etat de classe internationale qui repose sur la normalisation, des exigences élevées de qualité, le credo de l’efficacité, de l’efficience et de l’optimisation des ressources ;
  • la bonne gouvernance, voire la gouvernance entrepreneuriale qui produit des résultats et des impacts de développement ;
  • le leadership éthique et visionnaire, le management par l’exemple, bases les plus sûres d’une stratégie de croissance rapide, comme celle qui a eu lieu à en Malaisie, à Singapour, à Dubaï et dans certains pays d’Asie et dont aujourd’hui les mécanismes sont bien cernés.

Pour l’essentiel, notre assemblée cherchera à finaliser son Plan stratégique 2007-2009, construit autour de six (6) domaines d’intervention stratégique ci-après, assortis à chaque niveau d’objectifs et de résultats escomptés :

Audits, évaluation, études et enquêtes ;

Recherche –action ;

Renforcement des capacités par la formation action ;

Nouvelles Technologies de l’information et de la Communication ;

Partenariat, réseautage et marketing de développement du réseau, Coopération régionale et internationale;

Gouvernance stratégique et organisationnelle du Forum.

Enfin, il y a lieu de se féliciter de la diligence avec laquelle les membres fondateurs ont mis à la disposition du FIGE, dès sa création, leurs contributions, sans lesquelles il aurait été difficile de tenir la présente assemblée. Cela témoigne de l’esprit d’engagement à l’égard d’une initiative qui comporte des enjeux pour l’avenir de la gestion publique en Afrique.

Notre reconnaissance va aussi en direction de nouveaux partenaires du Congo et du Gabon, avec lesquels s’affirment de réelles perspectives. Leur intérêt devrait permettre d’élargir cette famille naissante créée à l’origine par cinq membres fondateurs, pour un partenariat au service de l’Afrique. Elle va aussi en direction de l’Union Européenne dont les conseils techniques vont permettre d’élargir les bases juridiques des futurs partenariats avec d’autres institutions internationales. Nous voudrions aussi remercier les experts de Dubaï qui vont nous rejoindre d’ici la fin de nos travaux, et traiter de l’audit de la qualité et des performances, l’utilisation des nouvelles technologies dans ce domaine. Certains de nos partenaires du Tchad et du Bénin n’ont pas pu se déplacer au dernier moment, en cette fin d’année si chargée, mais nous ont assuré de l’attention et de l’importance qu’ils accordent à nos travaux. La famille s’élargit et c’est là aussi un des objectifs du mandat que vous nous aviez confié.

Je voudrais terminer en rappelant, ici à Djibouti, terre de rencontre et d’une civilisation nomade, une grande pensée, celle de Jacques Attali développée dans son ouvrage « L’homme nomade ». « L’homme, dit-il, rarement sédentaire, est nomade depuis ses origines, et il le redevient, à travers la mondialisation ». Dans cet ouvrage, il nous rappelle que cet homme nomade « a inventé les éléments essentiels de notre vie d’aujourd’hui: le feu, les langues, l’agriculture, l’élevage, la métallurgie, la navigation, la roue, la démocratie, le marché, etc., ne laissant aux sédentaires que l’invention des forteresses, de l’État et de l’impôt… Ces hommes du voyage furent les véritables forces d’innovation et de création à la source de tous les empires, de la Chine à Rome, de l’Égypte à l’empire américain d’aujourd’hui. Quand les sociétés se ferment aux nomades, aux itinérants, aux étrangers, aux mouvements de toutes sortes, elles déclinent etpériclitent… » Ce Réseau nous invite ainsi à avoir la prudence d’être des nomades qui se rencontrent, échangent, inventent et développement quelque chose d’utile à notre profession, mais surtout à l’Afrique, au-delà de nous-mêmes, aux futurs générations qui prendront la relève pour exercer ce métier qui nous réunit ici…

Je vous remercie de votre aimable attention.

Abdou Karim GUEYE

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