Vision: Bien comprendre ce qu’est une Inspection générale d’Etat en Afrique


Bien comprendre ce qu’est une Inspection générale d’Etat en Afrique

Il est important de comprendre ce qu’est une Inspection générale d’Etat. Celle-ci traduit bien certaines préoccupations, à l’heure où partout émerge une série d’interrogations doctrinales : A quoi sert l’audit si elle ne produit pas des impacts, s’il ne contribue pas à l’efficacité ? Ce débat entre experts, au niveau de la communauté internationale, paraît étrange à ceux qui ont grandi dans le système d’Inspection générale d’Etat. Depuis le temps des gouverneurs coloniaux, de 1906 à la veille des indépendances, les pays africains qui ont opté pour ce système n’ont jamais entendu faire de l’audit pour de l’audit. Dans ce système créé par certains pays africains, sur les cendres du legs colonial, l’Inspection générale d’Etat en Afrique exerce un certain nombre de métiers en profonde synergie :

– de contrôle ou sens d’audit interne administratif, pour permettre la maîtrise de la gestion et des risques, des résultats et des performances ;

– d’enquêtes ad hoc, de prévention et de détection des fraudes, abus et gaspillages, mais aussi de préparation de décisions d’arbitrages du Chef de l’Exécutif à la demande des usagers et des citoyens, bien souvent parties faibles, qui n’ont que le dernier recours à une telle autorité, ce qui est du reste conforme à la notion d’équité;

– d’études qui constituent une base de réflexion évaluative et prospective pour améliorer l’existant et se projeter sur l’avenir et pour « nourrir sa réflexion ».

Il s’agit ainsi d’un système cohérent, simple et rationnel, créé par les pays africains[1], avec une institution laquelle, au-delà du contrôle, est aussi un véritable bureau d’études d’un gouvernement, aux compétences horizontales et verticales, instituée sur la base d’un certain nombre d’idées, de principes et de règles :

· il existe un Chef de l’Exécutif, investi d’un pouvoir constitutionnel de contrôle général de l’Etat, notamment par le biais d’un organe indépendant dénommé Inspection générale de l’Etat ;

· à l’instar des normes de management, toute haute direction doit pouvoir contrôler pour la maîtrise de la gestion et des risques, l’atteinte des objectifs et notamment des performances, etc. ;

· le haut sommet de l’Exécutif, notamment de prise de décision, de définition de politiques et des stratégies, voire de coordination et de contrôle, ne pourra jamais lui-même procéder sur le terrain à des investigations sur des faits, sur des évènements, des systèmes, sur des registres, des livres ou des pratiques de gestion, etc. Alors, lui faut-il une institution disposant d’un mandat général de vérification, d’études et de conseil, mais aussi d’enquête pour que le pouvoir constitutionnel de contrôle général d’un Chef de l’Exécutif[2] devienne opérationnel.

Ce système repose ainsi d’une part, sur des bases permettant à l’Inspection générale d’Etat d’exercer non seulement les métiers susvisés, en profonde synergie, et d’autre part, sur un système d’élaboration, de finalisation et de suivi de directives présidentielles, lorsque les propositions de l’Inspection générale d’Etat sont approuvées par un Chef de l’Exécutif.

Le système ainsi créé est unique à l’Afrique ; ailleurs l’on focalise toute l’énergie sur l’audit seulement ; ici l’on a construit une triptyque « Etudes et Conseils, Vérifications et Audits, Enquêtes de prévention et de détection, voire de préparation de la décision d’arbitrage… » Ailleurs, l’on parle de recommandations, ici le système pend comme levier des propositions au Chef de l’Exécutif, lesquelles approuvées deviennent des directives permettant de gérer, d’ajuster, de redresser. Depuis la « coloniale », c’est un système conçu pour la décision, l’arbitrage, la mise en œuvre, les résultats, la correction et les redressements, l’impact ; système qui fut amélioré au fur et mesure de l’évolution institutionnelle.

Bien mis en œuvre, le système d’inspection générale d’Etat est porteur de forte valeur ajoutée. Certes, cette innovation africaine, à l’instar de toute œuvre humaine, n’est pas parfaite, mais elle a le mérite de s’orienter vers l’action, la résolution, la mise en œuvre. Aussi, l’œuvre entamée n’est-elle point achevée. Il faut aussi et au-delà construire un système intégré de gestion et de suivi tout au long de la pyramide du secteur public… Alors, les audits, les études et les conseils, les enquêtes de prévention et de détection, voire de préparation de l’arbitrage, produiront des impacts. Les quatre conclusions majeures actuelles deviendront réalités.

Abdou Karim GUEYE

[1] En fait, un benchmarking international démontre que la similitude des appellations ou la quasi-similitude de celles-ci (Inspections, etc.) ne signifie pas pour autant qu’il s’agit d’institutions analogues…
[2] Antérieurement du Chef du territoire, le Gouverneur général de la Colonie

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